Et maintenant !?
14.49 % pour le PS dans la circonscription du sud-est, 16.48 % au plan national. Le résultat résonne rue de Solférino comme un coup de tonnerre. Le Parti socialiste se hisse tout juste à la deuxième place au plan national, 3ème dans la circonscription du sud-est, loin de ses scores habituels. Malgré l’échec social et économique de la politique de Nicolas Sarkozy, l’UMP caracole en tête et ne manque pas d’arrogance pour le rappeler.
Mais comment expliquer un tel échec ! Le parti socialiste a-t-il perdu la main pour faire entendre au plus haut niveau les souffrances et les aspirations des français ?
Les militants se sont retrouvés dans leurs sections. Les débats ont été virulents et sans concession. Au final, malgré les positions divergentes plusieurs tendances émergent pour expliquer dans notre secteur ces résultats.
1. Les militants l’avaient dit, les médias s’en étaient portés l’écho, mais les
disputes liées au congrès de Reims entre ego surdimensionnés ont laissé des traces. Alors que la crise afflige nombre de nos concitoyens, les socialistes ont donné l’impression de se préoccuper de leurs fauteuils, pour un contenu idéologique qui ne représentait pas une alternative crédible à la politique libérale du gouvernement Fillon-Sarkozy. Comment un parti dont les leaders offrent l’image d’hommes et de femmes qui se détestent peut susciter l’adhésion collective ? Nombre de socialiste n'aiment pas leur parti. Critiquer lePS est un sport local courant sans pour autant être capable d’apporter une solution structurelle ou idéologique à ce qui est dénoncé.
2. Ensuite, les socialistes depuis quelques années réalisent une erreur de programme. Les propositions restent dans une logique sociale et productiviste. En deux mots, la plupart des leaders pensent qu’en augmentant la production et l’activité économique, le partage des richesses sera plus juste. Grâce aux relais institutionnels, les populations doivent se battre pour maintenir ou obtenir un cadre social protecteur. Malheureusement, la terre manque de matières premières. L’activité économique ne doit plus se construire sur l’exploitation infinie de
ressources que nous n’avons plus. L’économie environnementale doit prendre le relais afin d’assurer un développement durable équitable. Ce ne doit pas être un simple alinéa de plus au programme, mais une idée globale. Loin d’une logique de décroissance source d’inégalités sociales, les socialistes par le volontarisme d’état doivent permettre l’émergence de nouvelles branches d’activités qui protègent notre environnement, créent des richesses et offrent des emplois.
3. Enfin, nous ne pouvons éluder, un spectacle politique local délétère. Alors, que nous pouvons nous réjouir de l’émergence d’une nouvelle génération politique dans les 15ème et 16ème arrondissements avec Rébia Benarioua ou Samia Ghali, il n’empêche que le bruit des affaires démotive les électeurs. La campagne locale a été atone. Les citoyens n’ont pas eu envie de se déplacer pour des candidats qui ont semblés se battre pour des carrières politiques loin des idées pour lesquelles ils souhaitent être élus. Si le parti socialiste désire faire baisser l’abstention il faut passer d’une logique d’intérêt individuel, à une logique collective, où tous se battent pour un progrès commun et non une carotte immédiate.
Le travail reste donc immense pour retrouver le chemin des électeurs. Dans un contexte où les services publics reculent, avec une diminution des droits de chacun, seul le parti socialiste peu apporter des réponses réalistes et sociales sans croire à des chimères qui s’évaporeront dès que le gong de l’assemblée aura sonné.