Sauvons l'hôpital public
2001 : le rapport de l’OMS, présente le système de santé français comme le meilleur au monde.
2021 : Des queues de retraités et de mères aux petits salaires se pressent devant le seul hôpital public encore ouvert de la ville de Marseille. Malgré les murs décrépis et le dernier rapport de sécurité qui demande sa fermeture pour insalubrité, chacun attend avec anxiété de pouvoir obtenir un rendez vous.
Les soins sont gratuits, ici, mais il faut des semaines pour obtenir un rendez-vous et encore plus pour une opération. Bien entendu, chacun peut se faire soigner dans le secteur florissant du privé. Les rendez-vous sont immédiats, mais les soins en partis remboursés par la sécurité sociale sont trop élevés pour la plupart, sauf si l’on possède une bonne assurance. Et encore, en cas de dépassement du forfait moyen, le patient est aussitôt aiguillé sur les hôpitaux publics et leur dossier est radié des assurances de santé. Moralité, depuis 2 ans, la mortalité infantile augmente à Marseille et l’âge moyen d’espérance de vie a reculé de 5 ans. D’ailleurs, le gouvernement face à la médiocrité des résultats du secteur public annonce un transfert de 13% du budget de l’hôpital vers les cliniques privées. De même, la plupart des hôpitaux psychiatriques ont fermé, remplacés par des unités pénitentiaires spécialisées depuis que la loi qui considère les fous comme responsables de leurs actes a
été votée.
Bien entendu, vous nous direz en lisant ces lignes que tout cela n’est qu’une fiction, de socialistes prêchant le pire pour mieux faire oublier leurs responsabilités. On entend, si souvent ces prophètes de malheur, qu’on ne fait plus attention à la lente érosion de nos droits.
Pourtant, la loi Bachelot qui poursuit la politique menée par X. Bertrand, nous inquiète et commence à faire ses premiers effets.
La tactique est facile à présenter. Prenez un hôpital public qui accueille toutes les pathologies et mettez-le en concurrence avec un système de santé privé qui choisit ses actes de santé. Définissez en même
temps un forfait à chaque acte. Par exemple : une jambe cassée, une appendicite… Et ensuite comparez les deux rendements afin de savoir si les établissements privés et publics sont les mêmes.
Et bien sûr que constatez vous, à acte égal, le privé coûte moins cher que le public. La preuve est faîte de l’incapacité du public à optimiser son activité.
Malheureusement, patatras, l’état oublie de préciser, que le public n’a pas le choix de ses actes. Et tous les actes n’ont pas le même coût. Un tibia cassé net ne coûte pas pareil, qu’un même tibia explosé en une cinquantaine de morceaux. Il n’est pas dur de mettre en concurrence le public et le privé, en biaisant l’objet de comparaison. Et de là, les cliniques privées deviennent le cheval de Troie pour démanteler le système de santé. Désorganisée, aux abois, la machine du mécontentement s’enclenche justifiant de nouvelles coupes sombres.
Voilà ce qui inquiète à cette heure les personnels de santé depuis que les discussions se déroulent à l’assemblée depuis le 10 février 2009. Quels sont les points d’achoppement :
- La rémunération du directeur de l’hôpital au mérite et en fonction des bénéfices. Ce manager peut être un contractuel issu du privé.
- Tarification à l’activité : un acte= un forfait, quelqu’en soit la nature. Le privé peut choisir son
acte.
- Partage de la mission de service public avec le privé. En deux mots, le privée peut choisir de prendre en charge un domaine médical rentable (Exemple : la traumatologie) laissant au public un autre moins rentable (Exemple la radiologie)
- Baisse des remboursements de la sécurité sociale obligeant au recours d’assurances privées, d’ailleurs préférées par le gouvernement aux mutuelles dont les bénéfices sont redistribués aux adhérents.
Au final, on demande à la solidarité nationale d’assumer les services déficitaires, laissant au privé ce qui est rentable. Nous dénonçons fermement cette technique de mettre en comparaison des systèmes différents dans le cadre d’une concurrence biaisée. Le système de santé est le fruit de l’effort de tous, et nous désirons qu’il reste largement public, ouvert à tous et pour tous.