La France selon Nicolas Sarkozy
L’ambiance est monarchique. Dans une salle vaste aux perspectives épurées repose en son centre une large table mêlant ligne droite et bord arrondi. Le public restreint, choisi par l’Elysée, occupe en retrait quelques gradins. Deux journalistes font face au président.
L’exercice périlleux montre vite ses limites. Les journalistes posent les questions, le président répond et la contre réponse n’existe pas. Bel outil de communication, sans controverse, auquel les Français ont été soumis pendant 1h30.
Et que dit notre président :
Il nous apprend en premier lieu que la crise est grave. D’ailleurs quelques témoignages illustrent l’analyse avec des Français aux cernes tendues et aux mains fatiguées. Notre satisfaction est réelle, enfin notre président a découvert la réalité du monde. Mais que propose-t-il ? Plus de souffrance ? Un nouveau plan de relance ? …
Certes, l’épreuve est difficile pour celui qui a promis jadis d’aller chercher la croissance avec les dents ! D’ailleurs, il n’élude pas ses responsabilités, il considère que c’est normal que les Français se tournent vers lui en tant que premier responsable. Comme toujours, droit dans ses bottes, il veut affronter la situation. Le suspens se répand sur la salle et tient en haleine la France, notre président volontariste a sûrement des solutions innovantes.
Et patatra ! Que propose Nicolas Sarkozy ? En premier lieu, il veut poursuivre le cap des réformes « au même rythme ». A savoir, la désorganisation volontaire des services publics pour mieux mettre en avant leur incompétence, la mise en concurrence des Hôpitaux publics avec des cliniques privées qui ne réalisent pas les mêmes types d’acte, la diminution des postes dans l’éducation nationale où les enseignants se retrouvent devant des classes à 36 en lycée notamment, la transformation du statut d’enseignant chercheur ou le président d’université fera la pluie et le beau temps sur la carrières de ses salariés, l’extension d’un système économique profitant à quelques magnas amis du président et contrôlant notre économie, le renforcement des contrats précaires payés au smic et qui ne permettent plus de faire face au coût de la vie, l’absence de politique de logement qui gèlent les constructions nouvelles et dont on veut trouver de la place en excluant du parc social les locataires ayant vu leur salaire augmenter… Belles perspectives !
Et quand est-il du système financier à l’origine de la crise ? Notre président a le culot de nous rappeler que l’argent prêté aux banques rapportait 1,4 milliards d’Euros d’intérêts et que ces derniers serviront à aider les plus démunis. Belle affirmation ! Mais alors pourquoi en même temps que cette argent se déversait dans les coffres et les Bonus des dirigeants des Banques, aucun mécanisme de contrôle existe et que l’état n’a pas sauté sur l’occasion pour prendre des parts dans le capital de ces banques. De plus d’où vient cet argent ! Du crédit bien sur, les milliards reçus en intérêt des banques ont d’abord pour vocation à payer les intérêts des sommes que le gouvernement a emprunté pour abonder les banques. En deux mots, retour à l’envoyeur.
Et au final, quelle est la seule proposition solide : la fin de la taxe professionnelle. Toutes les mairies de France ont tremblé sur leurs fondements. La taxe professionnelle finance en grande partie le budget des collectivités territoriales. Sans cela, finit la crèche gratuite à Martigues, le beau gymnase de Fos, le joli plan d’eau de Digne, … La taxe professionnelle, c’est la solidarité des entreprises envers l’espace local, c’est le confort des citoyens qui habitent à côté des entreprises. Qui va donc trinquer une fois encore, le petit, le faible, ceux qui ramènent un salaire qui permet à peine de payer le logement ! Qui seront les gagnants, les grands groupes, Arkema, Total, l’aéroport de Marignane… Que le président pense à alléger les prélèvements sociaux des TPE ou PME, nous le comprenons. Ce sont eux qui donnent du travail à ce jour. Mais, au nom de la relance par l’investissement, faire une fois encore un tel cadeau aux grandes entreprises dont les dirigeants sont des amis personnels du président. Nous disons non, non et encore non !
Et ce ne sont pas les attaques en règles sur les superprofits suivis d’aucune mesure tangible si ce n’est l’exposition de quelques Traders à la vindicte populaire qui changera notre opinion.
Où va la France M Sarkozy ? Alors que le pouvoir se personnalise de plus en plus. Que les commis de l’état ne sont plus que des jouets que l’on châtie et déplace selon la fierté blessée du président. Alors qu’un à un les contre-pouvoir qui nourrissent la démocratie comme les médias, les associations de défense des citoyens, le droit de grève, de manifestations… sont petit à petit rognés. Alors que la France souffre. Voilà ce que l’on nous propose.
Oui, M. Sarkozy me fait penser à Valéry Giscard D’Estaing. Homme enthousiaste, agité de toutes les réformes, légiférant à foison pendant un an quitte à modifier les cérémonies du 14 juillet fut ensuite incapable de répondre aux enjeux de la crise de 1973. Passé 1975 il ne fit rien, si ce n’est jouir de son pouvoir monarchique, de sa place de premier de l’état au milieu des banquets en crêpe noir et gant blanc.
Oui M Sarkozy, il ne manque plus que les diamants pour achever ce misérable quinquennat. Et s’il faut pour pouvoir manifester se déguiser en homme du XVIIIème siècle en Hurlant : « Vive la sarkozyland, longue vie au roi » nous le ferons !!!!
Caracal