La France selon Nicolas Sarkozy

Publié le par PS : section 315

L’ambiance est monarchique. Dans une salle vaste aux perspectives épurées repose en son centre une large table mêlant ligne droite et bord arrondi. Le public restreint, choisi par l’Elysée, occupe en retrait quelques gradins. Deux journalistes font face au président.

 

L’exercice périlleux montre vite ses limites. Les journalistes posent les questions, le président répond et la contre réponse n’existe pas. Bel outil de communication, sans controverse, auquel les Français ont été soumis pendant 1h30.

 

Et que dit notre président :

 

Il nous apprend en premier lieu que la crise est grave. D’ailleurs quelques témoignages illustrent l’analyse avec des Français aux cernes tendues et aux mains fatiguées. Notre satisfaction est réelle, enfin notre président a découvert la réalité du monde. Mais que propose-t-il ? Plus de souffrance ? Un nouveau plan de relance ? …

 

Certes, l’épreuve est difficile pour celui qui a promis jadis d’aller chercher la croissance avec les dents ! D’ailleurs, il n’élude pas ses responsabilités, il considère que c’est normal que les Français se tournent vers lui en tant que premier responsable. Comme toujours, droit dans ses bottes, il veut affronter la situation. Le suspens se répand sur la salle et tient en haleine la France, notre président volontariste a sûrement des solutions innovantes.

 

Et patatra ! Que propose Nicolas Sarkozy ? En premier lieu, il veut poursuivre le cap des réformes « au même rythme ». A savoir, la désorganisation volontaire des services publics pour mieux mettre en avant leur incompétence, la mise en concurrence des Hôpitaux publics avec des cliniques privées qui ne réalisent pas les mêmes types d’acte, la diminution des postes dans l’éducation nationale où les enseignants se retrouvent devant des classes à 36 en lycée notamment, la transformation du statut d’enseignant chercheur ou le président d’université fera la pluie et le beau temps sur la carrières de ses salariés, l’extension d’un système économique profitant à quelques magnas amis du président et contrôlant notre économie, le renforcement des contrats précaires payés au smic et qui ne permettent plus de faire face au coût de la vie, l’absence de politique de logement qui gèlent les constructions nouvelles et dont on veut trouver de la place en excluant du parc social les locataires ayant vu leur salaire augmenter… Belles perspectives !

 

Et quand est-il du système financier à l’origine de la crise ? Notre président a le culot de nous rappeler que l’argent prêté aux banques rapportait 1,4 milliards d’Euros d’intérêts et que ces derniers serviront à aider les plus démunis. Belle affirmation ! Mais alors pourquoi en même temps que cette argent se déversait dans les coffres et les Bonus des dirigeants des Banques, aucun mécanisme de contrôle existe et que l’état n’a pas sauté sur l’occasion pour prendre des parts dans le capital de ces banques. De plus d’où vient cet argent ! Du crédit bien sur, les milliards reçus en intérêt des banques ont d’abord pour vocation à payer les intérêts des sommes que le gouvernement a emprunté pour abonder les banques. En deux mots, retour à l’envoyeur.

 

Et au final, quelle est la seule proposition solide : la fin de la taxe professionnelle. Toutes les mairies de France ont tremblé sur leurs fondements. La taxe professionnelle finance en grande partie le budget des collectivités territoriales. Sans cela, finit la crèche gratuite à Martigues, le beau gymnase de Fos, le joli plan d’eau de Digne, … La taxe professionnelle, c’est la solidarité des entreprises envers l’espace local, c’est le confort des citoyens qui habitent à côté des entreprises. Qui va donc trinquer une fois encore, le petit, le faible, ceux qui ramènent un salaire qui permet à peine de payer le logement ! Qui seront les gagnants, les grands groupes, Arkema, Total, l’aéroport de Marignane… Que le président pense à alléger les prélèvements sociaux des TPE ou PME, nous le comprenons. Ce sont eux qui donnent du travail à ce jour. Mais, au nom de la relance par l’investissement, faire une fois encore un tel cadeau aux grandes entreprises dont les dirigeants sont des amis personnels du président. Nous disons non, non et encore non !

 

Et ce ne sont pas les attaques en règles sur les superprofits suivis d’aucune mesure tangible si ce n’est l’exposition de quelques Traders à la vindicte populaire qui changera notre opinion.

 

Où va la France M Sarkozy ? Alors que le pouvoir se personnalise de plus en plus. Que les commis de l’état ne sont plus que des jouets que l’on châtie et déplace selon la fierté blessée du président. Alors qu’un à un les contre-pouvoir qui nourrissent la démocratie comme les médias, les associations de défense des citoyens, le droit de grève, de manifestations… sont petit à petit rognés. Alors que la France souffre. Voilà ce que l’on nous propose.

 

Oui, M. Sarkozy me fait penser à Valéry Giscard D’Estaing. Homme enthousiaste, agité de toutes les réformes, légiférant à foison pendant un an quitte à modifier les cérémonies du 14 juillet fut ensuite incapable de répondre aux enjeux de la crise de 1973. Passé 1975 il ne fit rien, si ce n’est jouir de son pouvoir monarchique, de sa place de premier de l’état au milieu des banquets en crêpe noir et gant blanc.

 

Oui M Sarkozy, il ne manque plus que les diamants pour achever ce misérable quinquennat. Et s’il faut pour pouvoir manifester se déguiser en homme du XVIIIème siècle en Hurlant : « Vive la sarkozyland, longue vie au roi » nous le ferons !!!!

 

Caracal

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Publié dans La France et le Monde

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EXtraiTS - EXtraTS N° 32<br /> <br /> UNE LETTRE PAS COMMUNE...<br /> <br /> " Monsieur le Président, vous ne mesurez peut-être pas la défiance..., par Wendelin Werner<br /> LE MONDE | 18.02.09 | 13h57 • Mis à jour le 18.02.09 | 15h17<br /> <br /> RÉAGISSEZ (64) CLASSEZ IMPRIMEZ ENVOYEZ PARTAGEZ <br /> e ne pensais pas un jour me retrouver dans la situation qui est la mienne aujourd'hui, à savoir écrire une lettre ouverte au président de la République française : ce qui m'intéresse avant tout, et ce à quoi j'ai choisi de consacrer ma vie professionnelle, c'est de réfléchir à des structures mathématiques, d'en parler avec mes collègues en France et à l'étranger et d'enseigner à mes étudiants. J'ai eu le privilège de voir mes travaux aboutir et récompensés par un prix important. Cela me donne une certaine responsabilité vis-à-vis de ma communauté et me permet aussi d'être un peu plus écouté par les médias et le pouvoir politique.<br /> <br /> <br /> <br /> A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. <br /> Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts<br /> A LIRE AUSSI<br /> <br /> LES FAITS<br /> Universités, la crise<br /> POINT DE VUE Une semaine dans la vie d'un universitaire, par François Clément<br /> POINT DE VUE S'agit-il d'évaluation ou de dévaluation des enseignants-chercheurs ?, par Antoine Coppolani<br /> POINT DE VUE La formation des professeurs, une révolution conservatrice, par Jean Houssaye<br /> POINT DE VUE Le management du savoir, par Jean-François Bayart<br /> POINT DE VUE Pour une recherche bling-bling ?, par Alexandre Dupeyrix<br /> Comme le montre le sociologue allemand Max Weber dans son diptyque Le Savant et le Politique, auquel Barack Obama s'est d'ailleurs implicitement référé dans son discours d'investiture, nous devons partager une même éthique de la responsabilité. C'est au nom de celle-ci que je m'adresse aujourd'hui à vous.<br /> <br /> Vous ne mesurez peut-être pas la défiance quasi unanime à votre égard qui s'installe dans notre communauté scientifique. L'unique fois où nous avons pu échanger quelques mots, vous m'avez dit qu'il était important d'arriver à se parler franchement, au-delà des divergences, car cela fait avancer les choses. Permettez-moi donc de nouveau de m'exprimer, mais de manière publique cette fois.<br /> <br /> Je m'y sens aussi autorisé par l'extrait suivant du discours que vous aviez prononcé il y a un an lors de votre venue à Orsay pour célébrer le prix Nobel d'Albert Fert : "La tâche est complexe, et c'est pourquoi j'ai voulu m'entourer des plus grands chercheurs français, dont vous faites partie, pour voir comment on pouvait reconfigurer notre dispositif scientifique et lui rendre le pilotage le plus efficace possible. Je les consulterai régulièrement, ces grands chercheurs, et je veux entendre leurs avis." Je vous donne donc mon avis, sans crainte et en toute franchise.<br /> <br /> Votre discours du 22 janvier a, en l'espace de quelques minutes, réduit à néant la fragile confiance qui pouvait encore exister entre le milieu scientifique et le pouvoir politique. Il existait certes, déjà, une réaction hostile d'une partie importante de notre communauté aux différents projets mis en place par votre gouvernement et leur motivation idéologique. Mais c'est uniquement de votre discours et de ses conséquences dont je veux parler ici.<br /> <br /> Tous les collègues qui l'ont entendu, en direct ou sur Internet, qu'ils soient de droite ou de gauche, en France ou à l'étranger (voir la réaction de la revue Nature), sont unanimement catastrophés et choqués. De nombreuses personnes présentes à l'Elysée ce jour-là m'ont dit qu'elles avaient hésité à sortir ostensiblement de la salle, et les réactions indignées fleurissent depuis.<br /> <br /> Rappelons que vous vous êtes adressé à un public comprenant de nombreux scientifiques dans le cadre solennel du palais de l'Elysée. Je passerai sur le ton familier et la syntaxe approximative qui sont de nature anecdotique et ont été suffisamment commentés par ailleurs. Lorsque l'on me demande à quoi peut servir une éducation mathématique au lycée pour quelqu'un dont le métier ne nécessitera en fait aucune connaissance scientifique, l'une de mes réponses est que la science permet de former un bon citoyen : sa pratique apprend à discerner un raisonnement juste, motivé et construit d'un semblant de raisonnement fallacieux et erroné.<br /> <br /> La rigueur et le questionnement nécessaires, la détermination de la vérité scientifique sont utiles de manière plus large. Votre discours contient des contrevérités flagrantes, des généralisations abusives, des simplifications outrancières, des effets de rhétorique douteux, qui laissent perplexe tout scientifique. Vous parlez de l'importance de l'évaluation, mais la manière dont vous arrivez à vos conclusions est précisément le type de raisonnement hâtif et tendancieux contre lequel tout scientifique et évaluateur rigoureux se doit de lutter.<br /> <br /> Nous sommes, croyez-moi, très nombreux à ne pas en avoir cru nos oreilles. Vous, qui êtes un homme politique habile, et vos conseillers, qui connaissent bien le monde universitaire, deviez forcément prévoir les conséquences de votre discours. Je n'arrive pas à comprendre ce qui a bien pu motiver cette brutalité et ce mépris (pour reprendre les termes de Danièle Hervieu-Léger, la présidente du comité que vous avez mis en place ce jour-là), dont l'effet immédiat a été de crisper totalement la situation et de rendre impossible tout échange serein et constructif. De nombreux étudiants ou collègues de premier plan, écoeurés, m'ont informé durant ces quinze derniers jours de leur désir nouveau de partir à l'étranger. J'avoue que cela m'a aussi, un très court instant, traversé l'esprit en écoutant votre intervention sur Internet.<br /> <br /> Le peu de considération que vous semblez accorder aux valeurs du métier de scientifique, qui ne se réduisent pas à la caricature que vous en avez faite - compétition et appât du gain -, n'est pas fait pour inciter nos jeunes et brillants étudiants à s'engager dans cette voie. La ministre et vos conseillers nous assurent depuis plus d'un an que vous souhaitez authentiquement et sincèrement aider la recherche scientifique française. Mais vous n'y parviendrez pas en l'humiliant et en la touchant en son principe moteur : l'éthique scientifique.<br /> <br /> Comme vous l'expliquez vous-même, la recherche scientifique doit être une priorité pour un pays comme la France. En l'état actuel des choses, il ne semble plus possible à votre gouvernement de demander à la communauté scientifique de lui faire confiance.<br /> <br /> De nombreux collègues modérés et conciliants expriment maintenant leur crainte d'être instrumentalisés s'ils acceptent de participer à une discussion ou à une commission. Les cabinets de la ministre de la recherche et du premier ministre ont certainement conscience de l'impasse dans laquelle vous les avez conduits. J'ai essayé de réfléchir ces derniers jours à ce qui serait envisageable pour sauver ce qui peut encore l'être et sortir de l'enlisement actuel.<br /> <br /> Un début de solution pourrait être de vous séparer des conseillers qui vous ont aidé à écrire ce discours ainsi que de ceux qui ne vous ont pas alerté sur les conséquences de telles paroles. Ils sont aussi responsables de la situation de défiance massive dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, et que votre intervention du 22 janvier a cristallisée.<br /> <br /> Ils ont commis, à mon sens, une faute grave et c'est votre propre dogme que toute faute mérite évaluation et sanction appropriée. Cela permettrait à notre communauté de reprendre quelque espoir et de travailler à améliorer notre système dans un climat apaisé, de manière moins idéologique et plus transparente.<br /> <br /> Il est, pour moi, indispensable de recréer les conditions d'un véritable dialogue. L'organisation de la recherche et de l'enseignement supérieur est certes un chantier urgent mais, comme vous l'aviez noté il y a un an, il est d'une extrême complexité. Sa réforme demande de l'intelligence et de la sérénité. Il n'appartient qu'à vous de corriger le tir.<br /> <br /> Wendelin Werner, professeur de mathématiques, université Paris-Sud et Ecole normale supérieure<br /> Médaille Fields 2006 et membre de l'Académie des sciences "
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EXtraiTS - EXtraTS N° 32<br /> <br /> UNE LETTRE PAS COMMUNE...<br /> <br /> " Monsieur le Président, vous ne mesurez peut-être pas la défiance..., par Wendelin Werner<br /> LE MONDE | 18.02.09 | 13h57 • Mis à jour le 18.02.09 | 15h17<br /> <br /> RÉAGISSEZ (64) CLASSEZ IMPRIMEZ ENVOYEZ PARTAGEZ <br /> e ne pensais pas un jour me retrouver dans la situation qui est la mienne aujourd'hui, à savoir écrire une lettre ouverte au président de la République française : ce qui m'intéresse avant tout, et ce à quoi j'ai choisi de consacrer ma vie professionnelle, c'est de réfléchir à des structures mathématiques, d'en parler avec mes collègues en France et à l'étranger et d'enseigner à mes étudiants. J'ai eu le privilège de voir mes travaux aboutir et récompensés par un prix important. Cela me donne une certaine responsabilité vis-à-vis de ma communauté et me permet aussi d'être un peu plus écouté par les médias et le pouvoir politique.<br /> <br /> <br /> <br /> A 9 heures par e-mail, recevez les titres du journal à paraître l'après-midi. <br /> Abonnez-vous au Monde.fr : 6€ par mois + 30 jours offerts<br /> A LIRE AUSSI<br /> <br /> LES FAITS<br /> Universités, la crise<br /> POINT DE VUE Une semaine dans la vie d'un universitaire, par François Clément<br /> POINT DE VUE S'agit-il d'évaluation ou de dévaluation des enseignants-chercheurs ?, par Antoine Coppolani<br /> POINT DE VUE La formation des professeurs, une révolution conservatrice, par Jean Houssaye<br /> POINT DE VUE Le management du savoir, par Jean-François Bayart<br /> POINT DE VUE Pour une recherche bling-bling ?, par Alexandre Dupeyrix<br /> Comme le montre le sociologue allemand Max Weber dans son diptyque Le Savant et le Politique, auquel Barack Obama s'est d'ailleurs implicitement référé dans son discours d'investiture, nous devons partager une même éthique de la responsabilité. C'est au nom de celle-ci que je m'adresse aujourd'hui à vous.<br /> <br /> Vous ne mesurez peut-être pas la défiance quasi unanime à votre égard qui s'installe dans notre communauté scientifique. L'unique fois où nous avons pu échanger quelques mots, vous m'avez dit qu'il était important d'arriver à se parler franchement, au-delà des divergences, car cela fait avancer les choses. Permettez-moi donc de nouveau de m'exprimer, mais de manière publique cette fois.<br /> <br /> Je m'y sens aussi autorisé par l'extrait suivant du discours que vous aviez prononcé il y a un an lors de votre venue à Orsay pour célébrer le prix Nobel d'Albert Fert : "La tâche est complexe, et c'est pourquoi j'ai voulu m'entourer des plus grands chercheurs français, dont vous faites partie, pour voir comment on pouvait reconfigurer notre dispositif scientifique et lui rendre le pilotage le plus efficace possible. Je les consulterai régulièrement, ces grands chercheurs, et je veux entendre leurs avis." Je vous donne donc mon avis, sans crainte et en toute franchise.<br /> <br /> Votre discours du 22 janvier a, en l'espace de quelques minutes, réduit à néant la fragile confiance qui pouvait encore exister entre le milieu scientifique et le pouvoir politique. Il existait certes, déjà, une réaction hostile d'une partie importante de notre communauté aux différents projets mis en place par votre gouvernement et leur motivation idéologique. Mais c'est uniquement de votre discours et de ses conséquences dont je veux parler ici.<br /> <br /> Tous les collègues qui l'ont entendu, en direct ou sur Internet, qu'ils soient de droite ou de gauche, en France ou à l'étranger (voir la réaction de la revue Nature), sont unanimement catastrophés et choqués. De nombreuses personnes présentes à l'Elysée ce jour-là m'ont dit qu'elles avaient hésité à sortir ostensiblement de la salle, et les réactions indignées fleurissent depuis.<br /> <br /> Rappelons que vous vous êtes adressé à un public comprenant de nombreux scientifiques dans le cadre solennel du palais de l'Elysée. Je passerai sur le ton familier et la syntaxe approximative qui sont de nature anecdotique et ont été suffisamment commentés par ailleurs. Lorsque l'on me demande à quoi peut servir une éducation mathématique au lycée pour quelqu'un dont le métier ne nécessitera en fait aucune connaissance scientifique, l'une de mes réponses est que la science permet de former un bon citoyen : sa pratique apprend à discerner un raisonnement juste, motivé et construit d'un semblant de raisonnement fallacieux et erroné.<br /> <br /> La rigueur et le questionnement nécessaires, la détermination de la vérité scientifique sont utiles de manière plus large. Votre discours contient des contrevérités flagrantes, des généralisations abusives, des simplifications outrancières, des effets de rhétorique douteux, qui laissent perplexe tout scientifique. Vous parlez de l'importance de l'évaluation, mais la manière dont vous arrivez à vos conclusions est précisément le type de raisonnement hâtif et tendancieux contre lequel tout scientifique et évaluateur rigoureux se doit de lutter.<br /> <br /> Nous sommes, croyez-moi, très nombreux à ne pas en avoir cru nos oreilles. Vous, qui êtes un homme politique habile, et vos conseillers, qui connaissent bien le monde universitaire, deviez forcément prévoir les conséquences de votre discours. Je n'arrive pas à comprendre ce qui a bien pu motiver cette brutalité et ce mépris (pour reprendre les termes de Danièle Hervieu-Léger, la présidente du comité que vous avez mis en place ce jour-là), dont l'effet immédiat a été de crisper totalement la situation et de rendre impossible tout échange serein et constructif. De nombreux étudiants ou collègues de premier plan, écoeurés, m'ont informé durant ces quinze derniers jours de leur désir nouveau de partir à l'étranger. J'avoue que cela m'a aussi, un très court instant, traversé l'esprit en écoutant votre intervention sur Internet.<br /> <br /> Le peu de considération que vous semblez accorder aux valeurs du métier de scientifique, qui ne se réduisent pas à la caricature que vous en avez faite - compétition et appât du gain -, n'est pas fait pour inciter nos jeunes et brillants étudiants à s'engager dans cette voie. La ministre et vos conseillers nous assurent depuis plus d'un an que vous souhaitez authentiquement et sincèrement aider la recherche scientifique française. Mais vous n'y parviendrez pas en l'humiliant et en la touchant en son principe moteur : l'éthique scientifique.<br /> <br /> Comme vous l'expliquez vous-même, la recherche scientifique doit être une priorité pour un pays comme la France. En l'état actuel des choses, il ne semble plus possible à votre gouvernement de demander à la communauté scientifique de lui faire confiance.<br /> <br /> De nombreux collègues modérés et conciliants expriment maintenant leur crainte d'être instrumentalisés s'ils acceptent de participer à une discussion ou à une commission. Les cabinets de la ministre de la recherche et du premier ministre ont certainement conscience de l'impasse dans laquelle vous les avez conduits. J'ai essayé de réfléchir ces derniers jours à ce qui serait envisageable pour sauver ce qui peut encore l'être et sortir de l'enlisement actuel.<br /> <br /> Un début de solution pourrait être de vous séparer des conseillers qui vous ont aidé à écrire ce discours ainsi que de ceux qui ne vous ont pas alerté sur les conséquences de telles paroles. Ils sont aussi responsables de la situation de défiance massive dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui, et que votre intervention du 22 janvier a cristallisée.<br /> <br /> Ils ont commis, à mon sens, une faute grave et c'est votre propre dogme que toute faute mérite évaluation et sanction appropriée. Cela permettrait à notre communauté de reprendre quelque espoir et de travailler à améliorer notre système dans un climat apaisé, de manière moins idéologique et plus transparente.<br /> <br /> Il est, pour moi, indispensable de recréer les conditions d'un véritable dialogue. L'organisation de la recherche et de l'enseignement supérieur est certes un chantier urgent mais, comme vous l'aviez noté il y a un an, il est d'une extrême complexité. Sa réforme demande de l'intelligence et de la sérénité. Il n'appartient qu'à vous de corriger le tir.<br /> <br /> Wendelin Werner, professeur de mathématiques, université Paris-Sud et Ecole normale supérieure<br /> Médaille Fields 2006 et membre de l'Académie des sciences "
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EXtraiTS - 023<br /> <br /> MILITEZ, MILITONS...<br /> POURQUOI LE SILENCE DOMINE T IL LES EVENEMENTS QUI SE PASSENT DANS UN DÉPARTEMENT FRANCAIS, ESTCE DU A LELOIGNEMENT? A LINSALURITE? AU RISQUE DE "CONTAGION" ? IL SEMBLE QUE DANS CETTE BELLE ILE C'EST TOUT LES JOUR LE 29 JANVIER ET 2013 N'EST PAS ENCORE POUR DEMAIN.<br /> <br /> <br /> Guadeloupe : l'augmentation des bas salaires au menu du gouvernement<br /> LE MONDE | 09.02.09 | 09h14 • Mis à jour le 09.02.09 | 10h33<br /> <br /> <br /> <br /> " L'accord sur tout, sauf sur l'essentiel. Au terme de vingt-et-une heures de discussions à la préfecture de Basse-Terre, dimanche 8 février, les négociateurs qui tentaient de résoudre la crise sociale en Guadeloupe ont plié bagage, au petit matin, sans avoir résolu le point dur, les 200 euros d'augmentation pour les plus bas salaires, demandés par le LKP, le Collectif contre l'exploitation. Alors qu'un rendez-vous était pris pour l'après-midi, le secrétaire d'Etat à l'outre-mer, Yves Jego, s'est envolé à 18 heures vers la métropole pour négocier à son tour avec le premier ministre, François Fillon. "
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