Un manteau blanc
L’autoroute est vide ! Vide d’une inquiétude que l’on préfèrerait ne pas connaître. Au travers de mes essuie glaces, je vois ça est là, un camion, une voiture en déshérence, immobile, gisant là comme un corps mort. L’horizon se confond avec le blanc de la route. Et personne, pour s’occuper de ces objets auxquels on attache tant d’importance habituellement. D’un coup, je fais une embardée sur la gauche. Un pin au tronc énorme occupe la moitié de la voie. Image de désastre, de l’instant d’après ; ce jour où l’activité humaine se serait arrêtée.
Aux abords de Saint Antoine, je croise enfin des hommes marchant d’un pas lent sur l’autoroute. Toujours ces voitures à l’abandon. Dans le village quelques véhicules circulent. La vie est là, une fois encore étrange. Des hommes adultes, et pas seulement des jeunes, forment des petits groupes épars qui s’agitent. Des cris rompent ce mou silence. Je vois passer une boule de neige qui s’écrase sur la façade d’en face. Le reste évite de sortir. Hormis cet homme, qui dégage le pas de sa porte. Moi-même durant une heure, avec ma pelle je pousse, enlève, creuse cette masse glaciale et compacte.
Que se passe-t-il ?
Aujourd’hui 7 janvier 2009, 25 cm de neige viennent de tomber sur Marseille.
Stéphane Coté
© Photo de Nadia en bas, Stéphane Coté en haut