La peur

Publié le par 315

Dans la rue

 

File moi ton portable !!!

Mais pourquoi ?

 

Bredouilla-t-il

 

Tu as entendu ce que l’on te demande !!!

 

Les mots étaient prononcés avec de plus en plus de rage. Il n’eu pas le temps de se retourner qu’il reçu un coup dans le dos. La violence du choc le projeta à terre. Décontenancé, ne comprenant pas d’où arrivait cette brutalité, il tenta de se relever.

 

De plus en plus fort les coûts redoublèrent. On lui arraché tout ce qu’il avait sur lui. Les cris fusaient.

 

Vise ce qu’on fait à ta tête de victime ! Tu faisais le bouffon, on va te le faire bouffer !

 

Il eu juste le temps de voir une des personne avec son portable, singeant une discussion précieuse. Il le regardait droit dans les yeux, avec un sourire narquois. Victorieux de sa possession, il brisa son portable devant lui, et la bande sans alla.

 

Il rentra chez lui, et ne ressortit plus !

 

A la chambre

 

« Mesdames et messieurs les députés,

 

Qu’est ce que la politique, que la protection de l’individu. L’état doit la sûreté à chacun. Mais que voit-on ? Les barbares qui menacent notre société ne son points au Caucase ni dans les steppes de Tartarie ; ils sont dans les faubourgs de nos villes manufacturières. L’honnête citoyen est assiégé tel jadis le propriétaire dans sa plantation. Ces barbares, comment ne chercheraient-ils pas une meilleure condition ? Ils désirent avoir ce qu’ils n’ont pas et sont prés à tout pour l’obtenir. Il y a une sédition dans nos cités, qui est le plus grave danger de nos sociétés. Notre civilisation commerciale a sa plaie comme toutes les autres sociétés ; cette plaie est la banlieue !

 

La France à peur, peur de l’autre, peur de sortir, peur de regarder au loin de crainte de se faire agresser.

 

Oui, messieurs, il faut le dire, il y a dans nos sociétés des groupes qui n’ont pas leur place. Non pas que je dénis leur existence, mais parce que par leurs comportements ils démontrent chaque jour leur impossibilité à respecter les règles.

 

Je ne leur reproche pas, parce qu’ils n’y peuvent rien ? Oui messieurs peuvent-ils respecter nos règles ?

 

L’homme est libre, et ils ont été libres de pratiquer une religion différente de la notre. Et que voit-on ? Des personnalités défragmentées ? Toute leur enfance, ils ont reçu leur éducation ? Ils ont vécu dans leur culture.

 

Comment voulez-vous que devenu grand, ils soient autre chose. Leur éducation et leur identité rendent impossible leur adaptation à nos valeurs fondées sur le respect, la liberté et la démocratie. La république et la laïcité sont une chose impossible pour eux, parce qu’ils ne peuvent accéder à cette compréhension ?

 

Depuis trop longtemps, ils sont enfermés dans la seule recherche de leur plaisir, de leur satisfaction immédiate par l’objet. Ils ne savent que user et abuser. Nos services n’en peuvent plus. La France ne peut plus financer ces profiteurs, qui refusent de travailler, qui refusent notre éducation. Nous avons créé une génération à qui nous ne savons plus dire non !

 

Il faut aujourd’hui prendre les décisions qui s’imposent. Je demande donc l’état d’urgence. Je demande l’usage de l’armée afin de pourchasser tous ceux que je n’ai pas besoin de décrire parce que leur simple présence suscite la peur. Je propose que les libertés et droits publics soient suspendus pour un temps de 3 mois sur ces espaces que nous aurons démocratiquement défini après le vote de chacun !

 

Merci messieurs les députés, merci M le président. »  

 

Dans le quartier

 

Depuis, une heure il regardait ses baskets. Il y attachait une grande importance, c’était le seul objet qui lui permettait de se dire mieux que les autres. Elles étaient belles, bien rebondies, propres et juste comme il faut pour bien les voir !

 

Il n’avait jamais quitté ce quartier. Tout ce qu’il connaissait du monde était ce quartier. Il y avait tous ces amis. Pendant des heures, il pouvait délirer avec eux. Ils n’avaient pas besoin de dire grand-chose, il suffisait d’un mot, d’une mimique et c’était l’explosion de rire assurée.

 

C’est à l’école, qu’il avait appris cela ! Les profs en étaient fous. Alors qu’ils débitaient sur un ton autoritaire leur connaissance dans le silence. Il suffisait, d’un geste et tout partait. On voyait alors les profs s’agiter sortir toutes les menaces de rapport et autres sanctions. Mais cela ne changeait rien !

 

Pourtant, au fond, il ne détestait pas l’école. Il trouvait ça utile, pour apprendre ce qui était nécessaire. Malgré, la misère faîte en cours aux profs, malgré le dédain que ces derniers semblaient exprimer, chaque fois qu’il avait eu besoin de trouver quelqu’un seul, il y était arrivé.

 

Il n’aimait pas être seul. Etre seul avec sa mère qui faisait toutes les démarches pour trouver de l’argent. Sa mère avait honte. Elle travaillait beaucoup et elle ne parvenait à leur payer tous les objets pour leur montrer qu’ils étaient comme les autres.

 

Il n’aimait pas non plus être seul à se promener dans la rue. Il ne supportait pas ces regards qui descendaient sur lui lorsqu’il entrait dans les magasins. Seul aussi devant l’employeur qui lui faisait sentir qu’il n’était pas comme il fallait.

 

Sa famille ne comprenait pas son attitude. Son père qui travaillait moins que sa mère était heureux d’être venu en France. Dans l’immeuble, à tous les étages, il y avait l’eau chaude, et à la différence de lui, ces enfants apprenaient à lire. Il ne comprenait pas pourquoi ces enfants ne suivaient pas les règles. Pour lui, l’existence était simple. Jeune il avait fait le même métier que son père. Jamais, il ne s’était posé une question sur son quotidien. Lorsqu’il y avait un problème, dans le village il y avait quelqu’un pour lui répondre. Il suffisait d’obéir, de se conformer aux traditions pour trouver un sens.

 

Pourquoi ces enfants ne reconnaissaient-ils pas ce sens traditionnel ? Chaque fois, que l’instituteur c’était plein, il avait frappé ; comme son père ! Pourquoi ne suivait-il pas les règles du groupe ?

 

Le fils, solitaire, lui se demandait comment il pourrait construire son propre chemin en obtenant ce qui était nécessaire pour être considéré. Il prit donc l’habitude de circuler en groupe ! Il imposait avec ces amis leur autorité. Son image de lui était tellement misérable qu’ils se délectaient de l’ascendant qu’il avait sur les autres. Il aurait tellement voulu être pareil, mais il savait tellement qu’il ne pourrait pas l’être qu’il ne trouvait de solution que dans la destruction. Ce qu’il ne pouvait pas avoir naturellement, il le prenait et le détruisait !

 

Il n’était rien, et bien rien ne subsisterait derrière lui !

 

 

Job

 

Job s’écria à Dieu :

 

« Dieu pourquoi as-tu détruit ma vie ? Pourquoi as-tu ôté ce qui faisait mon bonheur. J’avais une maison, une famille des amis et tu les as détruit.

 

Pourquoi me plonges-tu dans un tel tourment ? Pourquoi tous les matins mon horizon se résume au spectacle de mes souffrances ? Tu ne me permets plus d’être ce qui est légitime ? Est ce juste de ne pas avoir la place qu’il me mérite suite à mon travail ? Tu as détruit ma vie, sans pouvoir me donner la possibilité de la retrouver.

 

Et que fais tu de mes révoltes. Tu m’y ajoutes des souffrances. Tu avais construit un monde, où je pouvais devenir ce que je suis. Certes je n’avais pas tout, mais je pouvais m’élever plus haut que mon père. Ce monde était fait d’amour et de contraintes. Tu me donnais la possibilité d’être un peu plus, et tu imposais ton autorité pour que je ne sois pas dans le mal.

 

Aujourd’hui tu me condamnes à rester ce que je suis. A ne plus pouvoir imaginer d’autres horizons.

 

Que tu sois maudis, de générations en générations ? »

 

Caracal
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